Plan détaillé: De l’enseignement de la Littérature en crise

Lire et dé-lires 

De l’enseignement de la littérature en crise

Yves Ansel

PLAN

PRÉAMBULE

1) La littérature en voie de disparition ?

A) L’école dégoûte de la lecture / littérature

B) Triomphe & monopole des sciences

C) Désamour pour le Français

2) Français, littérature : que reste-t-il des cours ?

A) Des cours réduits à des analyses

B) Un métier pas sérieux, ne reposant pas sur de vraies connaissances

C) Histoire racontée par les vainqueurs : Université & bons élèves

D) Les profs du secondaire & élèves déphasés

3) Parole d’enseignant

A) Ne pas se cacher derrière un « on » ; d’où il parle : je

B) CV d’enseignant

4) Souvenirs, souvenirs…

A) Parcours d’apprenant

B) Rencontre avec la lecture littéraire au lycée

C) « Entre les lignes, il n’y a que du blanc », première impertinence

D) Exemples de premières anomalies remarquées dans l’enseignement

5) « Quelque chose de pourri… »

A) Un discours figé

B) Tant de mauvais professeurs

C) La critique des professeurs, un discours qui vient de loin & porte loin

6) Littérature en crise : à qui la faute ?

A) Les profs n’ont pas le temps de réfléchir à l’exercice de leur métier

B) Origines des interrogations, de l’épistémologie

C) Crise l’enseignement : accusation facile & rapide des élèves

D) Le mal vient de plus haut : le système

E) Les pathologies de l’enseignement (structuralisme, textes en cote, état)

F) Origines du livre & travail au long cours (2003-2015)

G) Gaspillage de l’enseignement de la Littérature

PREMIÈRE PARTIE :

TEXTES, LECTEURS ET LECTURES

I. La place du lecteur

I.1. Le lecteur du côté des écrivains

A) Emetteur => Message => Récepteur

B) Un peu d’Histoire littéraire : évolution du statut de l’écrivain

C) Apparition du lecteur électeur / publique & relation avec écrivain

I.2. Du côté de la critique : lecteur, où es-tu ?

A) Le lecteur, grand oublié des critiques

B) Retour à la considération du lecteur avec Sartre

I.3. Des menaces sur le livre et la lecture à la promotion du lecteur

A) Prise en considération du lecteur & critique de la réception

II. Lecteurs et usages de la lecture

II.1. Formations du lecteur : niveau d’études et niveaux de lecture

A) Progression de l’apprentissage de la lecture de niveau en niveau

B) Discrédit de la paraphrase (Défense d’un exercice sous-estimé)

C) De « lecteur mineur » au collège à « super-lecteur » au lycée

D) Culte de l’implicite & du sens caché ; discrédit du littéral

II.2. Pratiques, fonctions et usages de la lecture

A) La lecture utile

B) La lecture pour la lecture (élite)

II.3. Que « le » lecteur n’existe pas

A) Tentative d’anonymisation du lecteur par la critique

B) Réfutation : aucun lecteur n’est « neutre », « vierge »

C) Démonstration (Témoignages émission «Lire, c’est vivre »)

D) Les lectures sont personnelles & subjectives

II.4. Qu’il n’y a pas de « bonne » et de « mauvaise » lecture

A) Différents modes de lecture sur le texte en question & l’intention

B) Véritable état de la lecture & du lectorat en France (« L’Equipe »)

III. Des textes autoritaires aux textes littéraires

III. 1. Classer textes et livres selon le degré de liberté du lecteur ?

III.2. Que tous les textes sont des textes à trous

III.3. Finalités des textes, dosages des blancs et lisibilités

III.4. Textes à thèse et tyrannie du « bon sens »

III.5. Textes engagés, textes datés, textes oubliés

III.6. Textes poétiques, textes travaillés pour l’éternité ?

III.7. Textes prosaïques / répressifs ; textes poétiques / permissifs

IV. Le livre et la vie

IV.1. Lecture intensive et lecture extensive

IV.2. « Les victimes du livre »

IV.3. Bons et mauvais livres

IV.4. Puissances du livre, pouvoirs du récit

IV.5. Des livres pour notre usage

V. Mauvais et bons lecteurs ?

V.1. Lecteur et électeur : « petit nombre » et « grand nombre »

V.2. Des lecteurs sous influence ?

V.3. De « mauvais livres » à cause de « mauvais lecteurs » ?

VI. Lire : les « mauvaises » et les « bonnes manières »

VI.1. Du lecteur théorique

VI.2. De « la mauvaise manière » à « la bonne manière » de lire

SECONDE PARTIE :

LA FABRIQUE DU DÉ-LIRE.

TEXTES ET TEXTRAPOLATIONS

VII. De « la critique des professeurs »

VII.1. « Les trois critiques »

A) Qu’est-ce qu’un critique ?

B) Les trois sortes de critique selon Thibaudet

1) Critique spontanée [orale, lecteurs, médias, immédiate, réception]

2) Critique des créateurs [Franche, subjective, engagée, passionnée]

3) Critique des professionnels

a) Peu lisible

b) Arrive après la bataille

c) Se veut neutre & objective

d) Gardienne du temple, théorise, découle de discours & le crée

VII. 2. Structuralisme : une belle victoire ?

A) 1965-1966. Querelle Raymond Picard (Tradition Lansonienne, Histoire Littéraire) VS Rolland Barthes (Nouvelle critique, le code, le signe, la structure)

B) Victoire étonnante du Structuralisme (Discours & récit, énoncé & énonciation, syntagme & paradigme, dénotation & connotation, schémas narratif & isotopies, poétique, rhétorique)

C) Les raisons d’une victoire (l’enseignement avait urgemment besoin de cela)

D) Une conséquence de la massification (population non lettrée)

E) Des textes des-humanisés, dé-politisés, des-historicisés

VII. 3. Critique des professeurs : carte du territoire, état des lieux

A) Pourquoi plusieurs critiques ? (Angles, rivalité, idéologie, carriérisme)

B) Critique centrée sur le contexte (Référent, Histoire littéraire, Staël, Lanson)

C) Critique centrée sur l’auteur (Biographie ; Sainte-Beuve ; Proust)

D) Critique centrée sur le texte (Thématique [fond] & Formelle, Structuralisme)

E) Critique centrée sur la genèse des textes (Informatique & besoin de nouveau)

1) Démystifie la conception providentielle de l’inspiration

2) Ramène l’écriture à sa dimension de travail

3) Révèle les tricheries d’écrivains camouflant leur labeur

4) Révèle présence du lecteur dès l’écriture, influence le texte

[Exemples : Flaubert & Bovary (« Baisade » VS « Elle s’abandonna »]

F) Critique centrée sur le lecteur & la réception

VIII. Professorales préférences

VIII.1. La critique ? À quoi bon ? Un savoir très facultatif

A) Absence accablante de cours sur la critique

B) Omniprésence du structuralisme qui occulte l’essentiel

C) Les lacunes ne se rattrapent jamais (les profs n’ont pas le temps de lire)

VIII.2. De la carte au plat unique

A) Fausse apparence de débat intellectuel & de choix critique

B) La façon dont sont sournoisement marginalisés les critiques indésirables

C) Périmètre critique des concours facile à établir

VIII. 3. Que les étudiants de Lettres ne savent pas lire

A) La grande imposture des sujets/corrigés du CAPES (« Pas de difficultés, pas de pièges ! » ; Contrairement à ce qui est enseigné, contexte toujours nécessaire)

IX. Université : ici on enseigne et on imprime la légende

IX.1. Des récits de vie romancés, sublimés, légendaires

A) « Print the Legend »

B) Le cas La Fontaine & des Classiques, Loups & Chiens

C) Le cas Gautier, journaliste effacé derrière poète

IX.2. L’héritage de l’erreur

A) La vérité niée à propos de Molière (Rousseau à D’Alembert)

B) Erreurs sur le titre du « Rouge et le Noir » de Stendhal

C) Erreurs d’appréciations sur la candeur de Candide

IX. 3. Manteaux de Noé

A) Cachez ce discours infréquentable que je ne saurais voir

B) Racine & la préface de « Phèdre »

C) Mme de Sévigné & la lettre sur les miséreux

D) Paul Valery à propos du roman dévoyé par la masse

E) Flaubert peste contre « Les Misérables » d’Hugo

X. T.P.

X.1. Questions de méthode

A) Apprentissage du savoir-lire avant toute chose

B) Commencer modeste avant d’attaquer les classiques

C) L’explication de texte pour apprendre la lecture littérale

X.2. Implicite et explicite

A) Explication, pratique commune dans la critique spontanée

B) « Explicare » = Dérouler un volume

C) Tous les textes, même simples, peuvent être expliqués

D) La météo, sujet faussement anodin

X.3. Savoir lire, cela s’apprend où et quand ?

A) Lecture & écriture étroitement liés en primaire

B) Séparation du lire & de l’écrire dans le secondaire

C) A propos de l’écriture d’invention

D) Priorité au commentaire

E) Pourquoi il ne faut pas d’Histoire Littéraire au Lycée (Lanson)

F) Les apprenants ne lisent pas assez (extraits, résumés, mémos)

G) L’art de parler des livres qu’on n’a pas lu en Lettres

H) L’enseignement évalue davantage la connaissance du discours à tenir sur les œuvres que la connaissance des œuvres elles-mêmes

X.4. Paraphraser, expliquer

A) Extrait d’horoscope

B) Le courrier du cœur de Lesline

C) Textes ordinaires, littérature classique : simple question de degré d’implicite

D) Extrait de la bataille de Candide

E) Emma & Charles font connaissance dans Madame Bovary

X.5. Textes sans contextes

A) Des apprenants trop habitués à lire des textes sans contexte

B) Extrait d’une brève sur un exercice militaire en RDA

C) Extrait sans titre d’une description de cafetière chez… Marc Lévy

D) Le cas d’un extrait de roman policier

X. 6. Questionnaires

A) Absurdité des questions d’études de texte

B) Questions cons sur le texte de Candide

C) Questions orientées sur l’extrait de l’Etranger de Camus

X.7. Extraits (I) : opacités

A) Problème de l’usage de l’extrait & du hors contexte

B) Extrait isolé VS Œuvre intégrale

X.8. Extraits (II) et lecture cursive

A) L’extrait, pratique dominante même pour une œuvre intégrale (choix)

B) Lecture cursive des œuvres intégrales, par groupe d’extraits

C) L’exemple de la négociation du mariage dans Madame Bovary

X.9. Extraits (III) et lectures rapides, lectures reçues

A) Les extraits au service du discours d’escorte officiel

B) L’exemple de Madame Bovary

X.10. Voir et savoir

A) Quand le social s’invite dans les textes

B) « Lisibilité perdue » des textes sans éléments de compréhension historiques

C) Laisser l’Histoire littéraires à la Fac, privilégier l’explication de texte

X.11. Postures de lectures

A) Textes « artificialisés » dès qu’ils sont au programme scolaire

B) Extraits anonymés plus efficaces que précédés d’une intro

C) Lectures plus efficaces dans la posture d’enquêteurs ou de censeurs

X.12. Actualiser les textes littéraires ?

A) Textes inégalement actualisables

B) Textes aux thèmes éternels & sans marqueurs temporels/sociaux

C) Textes aux thèmes trop spécifiques avec marqueurs temporels/sociaux

X. 13. Histoire de l’oeil et « lecture personnelle »

A) Intronisation du sujet lecteur & de la lecture subjective dans les épreuves

B) Les lectures réellement personnelles sont rares, voire inexistantes

C) C’est le changement de contexte qui modifie & crée des lectures inédites

XI. Lire et dé-lires

XI.1. Droits du lecteur et droits du texte

A) Autorité du texte

B) Droit illimités & incontrôlables du lecteur

C) Vulnérabilité du texte, orphelin de son auteur, tous les contresens sont permis

D) Toute lecture est une instrumentalisation

XI.2. À bas la lettre, vive le symbole !

A) Les textes ont un sens indépendant de nous (Lanson, Picard…)

B) Les textes sont libres d’interprétation par le symbole (Barthes)

C) Tuer l’auteur & le contexte, pour ne laisser que le symbole & la subjectivité

D) Avènement de la « lecture personnelle » & « libre d’interprétation »

XI.3. Libération du lecteur : connotations et textrapolations

A) Délires d’herméneutes (Barthes, Kliebenstein…)

B) Lectures « infalsifiables » (Popper) ; Rejet du critère de Vérité  & de Rationalité; Plus rien n’est faux, puisque plus rien n’est vrai

XI.4. À l’école de la poésie

A) Décalage entre sort de poésie IRL & Position dominante dans l’enseignement

B) Le classement des poètes par les élèves & les profs

C) Poésie chérie des herméneutes/structuralistes (textes courts, clos, symboliques)

XI.5. Du commentaire littéraire

A) Défense de la défunte explication de texte & résumé

B) Condamnation du commentaire composé

C) Le commentaire encourage le lecteur à tirer le texte vers lui, à lui faire dire ce qu’il veut, à manipuler la lettre, à décomposer le texte, et autorise tous les dé-lires herméneutiques, entretient la déplorable réputation de discipline arbitraire des lettres sans jamais apprendre à lire littéralement un texte en retranscrivant rigoureusement la pensée d’autrui

XI. 6. Et alors, on continue ?

A) Conclusion

B) Les profs lanceurs d’alerte ne sont pas écoutés, le système s’obstine

C) Post-scriptum 2018 : bonne nouvelle de la réforme du Bac (Grand Oral)

ÉPILOGUE – LE TIGRE BLEU DE L’EUPHRATE

A) Sujet du Bac de Français 2015